Habitudes de vie : sexualité et toxicomanie

La santé publique joue un rôle primordial dans la prévention et la détection des infections transmises sexuellement (ITS).

Pourquoi le rôle de la santé publique est-il important par rapport aux ITS?

En plus d’être relativement communes dans la population générale, les ITS ne présentent parfois aucun symptôme. Ainsi, une personne peut être infectée sans le savoir et propager son ITS à ses partenaires sexuels. Même lorsqu’elles ne présentent pas de symptômes, les ITS peuvent tout de même entraîner de fâcheuses conséquences chez les personnes qui les contractent. La stérilité, des complications pendant la grossesse, un risque accru de différents cancers, un affaiblissement du système immunitaire et même la mort constituent des complications des ITS.

 

Les ITS constituent-elles un problème d’envergure au Québec?

Malheureusement, oui. En plus d’être relativement fréquentes, les ITS sont en progression depuis plusieurs années. On observe une augmentation constante du nombre de cas de chlamydia et de gonorrhée chez les Québécois depuis la fin des années 1990, peu importe leur âge et leur sexe. On note également une augmentation du nombre de cas de syphilis, surtout chez les femmes. Aussi, plus de 350 nouvelles infections au VIH ont été diagnostiquées dans la province en 2013. Fait alarmant : une personne séropositive sur quatre ignore qu’elle est infectée au VIH.

Certains sous-groupes de la population sont davantage à risque de contracter et de transmettre des ITS. C’est le cas des travailleurs/euses du sexe, par exemple. De plus, la majorité des nouveaux cas de VIH, de lymphogranulomatose vénérienne et de syphilis concernent les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Cependant, l’augmentation des ITS touche aussi des groupes plus généraux, tels que les jeunes de 15 à 24 ans chez qui la chlamydia et la gonorrhée sont en hausse depuis plusieurs années. Les jeunes en difficulté, les personnes consommant des drogues par injection, les autochtones et les Québécois originaires de pays à forte présence de VIH constituent d’autres groupes chez qui un taux d’ITS plus élevé que dans la population générale est observé.

Les ITS se propageant via les fluides corporels (sperme, sécrétions vaginales, sang, etc.), certains comportements augmentent le risque de contracter une ITS. Par exemple, avoir des relations sexuelles avec un nombre élevé de partenaires différents ou avoir des relations sexuelles non protégées sont des comportements à haut risque.

 

Quelles solutions a la santé publique face à cette situation alarmante?

Il existe plusieurs solutions pour inverser ces tendances. Le retour des cours d’éducation sexuelle dans les écoles aura certainement un effet positif sur la situation des ITS au Québec, notamment en donnant aux jeunes des habiletés pour mieux revendiquer une sexualité saine. Mais ce n’est pas assez.

La santé publique fait la promotion des mesures de prévention personnelles, telles que le port du condom, et informe la population quant aux pratiques sexuelles sécuritaires. Elle supporte également la formation d’intervenants et les activités des organismes communautaires qui œuvrent auprès des sous-groupes plus exposés aux ITS. La santé publique appuie aussi la première ligne au niveau du dépistage des ITS, plus particulièrement le personnel infirmier des services intégrés de dépistage et de prévention des ITS (SIDEP). Ainsi, il est possible d’identifier ces individus infectés qui ne présentent pas de symptômes particuliers. Aussi, la santé publique offre son soutien pour aider les personnes atteintes d’une ITS à rejoindre les partenaires sexuels qu’elles auraient pu contaminer. Pour pouvoir tracer un portrait de la situation des ITS à chaque année et participer à l’élaboration de stratégies pour combattre ces infections, la santé publique a un système de surveillance à la grandeur de la province. Plusieurs ITS doivent obligatoirement être déclarées par le médecin ou le laboratoire où se font les analyses de sang et d’urine, ce qui permet à la santé publique d’obtenir de telles données. Finalement, la santé publique se prononce lorsqu’un projet de loi est susceptible d’avoir un impact sur la santé sexuelle de la population québécoise, tel que lors de la mise à jour de la loi sur la prostitution, par exemple.

 

Quels effets pourraient avoir les coupures de 30% en santé publique sur les ITS?

Avant même que les coupures imposées en santé publique ne soient annoncées, le domaine de la prévention des ITS était déjà sous-financé. À Montréal, où on observe la plus grande concentration d’ITS au Québec, il y avait seulement 14 infirmiers/infirmières SIDEP en dépistage et prévention des ITS dans le réseau public en 2013. La même situation est observée dans les autres régions du Québec. Toute personne œuvrant à la santé sexuelle de la population vous confirmera que les manques de ressources sont flagrants dans ce domaine. Ces coupures menacent ainsi la santé sexuelle de la population québécoise.

 

En santé publique, la santé de la population, c’est notre priorité.

Signez la pétition contre les coupures en santé publique !

Pour en savoir plus :

  • À bien y penser (MSSS et Tel-Jeunes) : http://itss.gouv.qc.ca/
  • Espace ITSS (INSPQ) : http://www.espaceitss.ca/
  • Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec – Année 2013 et projections 2014 (INSPQ, 2014) :

http://www.espaceitss.ca/DATA/DOCUMENT/347~v~Portrait_2013_des_ITSS_au_Quebec-projections_2014.pdf

  • Guide québécois de dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (MSSS, 2014) :

http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2014/14-308-01W.pdf

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2 commentaires sur « Habitudes de vie : sexualité et toxicomanie »

  1. super blog Web ! J’aime sincèrement sa grande simplicité et les articles peuvent être fortement pensés. Je m’interroge comment je pourrais être prévenu à chaque fois qu’un autre spot a été publié. Je me deviens abonné à votre flux, alors ça devrait être bon ! Bonne journée et à bientôt !

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    1. Merci Fabien pour ce commentaire ! En étant abonné, vous devriez effectivement être au courant des nouveaux articles. À noter toutefois que nous serons probablement assez tranquilles jusqu’à l’automne. JMPSP

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