La santé au travail : un droit pour tous

La santé publique, c’est agir sur différentes sphères de la vie, comme le travail, pour créer de la santé, et ce, pour plusieurs personnes à la fois. Globalement, de bonnes conditions de travail, c’est le droit de gagner sa vie équitablement sans mettre sa santé en péril et la santé publique travaille à atteindre cet objectif.

Bien que la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) soit souvent à l’avant-plan lorsqu’il est question d’accidents de travail, la santé publique œuvre avec elle, souvent dans l’ombre, pour la santé des travailleurs. La santé publique, c’est en fait l’expert de tout ce qui touche la santé des travailleurs. Elle informe les entreprises sur les risques liés à leur milieu de travail et sur les moyens pour les minimiser. Elle assure aussi la surveillance médicale des travailleurs lorsque cela est pertinent. Bref, la santé publique travaille avec les entreprises et la CSST pour prévenir des blessures et des maladies liées au travail.

Concrètement, nous veillons à rendre vos milieux de travail sécuritaires pour éviter par exemple qu’un peintre ne soit intoxiqué par des vapeurs de produits dangereux, qu’un journalier d’usine ne devienne sourd ou qu’un travailleur du bois ne développe un asthme professionnel. Nous nous assurons donc que vos postes de travail ne vous créent pas de problème de santé à court ou à long terme.

On pourrait penser à tort que, de nos jours, tous les dangers liés au travail ont été corrigés. Malheureusement, les risques sont encore très présents. Par exemple, de nouveaux cancers liés à une exposition au travail sont régulièrement identifiés. Il est estimé qu’au Québec plus de 230 000 travailleurs seraient exposés à des produits cancérigènes.1 Pas moins de 3 à 10% des cancers seraient ainsi associés au travail, soit 1500 à 4900 nouveaux cas annuellement.2 Malheureusement, ces nombres sont probablement sous-estimés, car ils ne concernent que les causes de cancers connues à ce jour.

Certains travailleurs, tels que les femmes enceintes ayant des emplois à risque, sont plus vulnérables, elles et leurs bébés à naître, à ces dangers pour la santé. Heureusement, grâce au programme « Maternité sans danger », la santé publique évalue annuellement les conditions de travail de plus de 30 000 femmes enceintes. Nous veillons ainsi à ce que leurs postes de travail soient sécuritaires pour leur grossesse ou qu’elles soient réaffectées à d’autres tâches ou, dans cette impossibilité, qu’elles soient retirées de leurs milieux durant leur grossesse.3

Les équipes en santé au travail interviennent également en urgence lors de dangers imminents comme par exemple une contamination de l’air d’une usine par du monoxyde de carbone (un produit toxique dangereux) suite à une utilisation de moteurs ou de systèmes de chauffages défectueux. Elle veille alors à protéger les travailleurs en les retirant du milieu le temps de corriger la situation rapidement et de prendre des mesures pour s’assurer que l’incident ne se reproduise plus.

Malheureusement, faute de fonds et de volonté politique, seule une fraction des entreprises québécoises a actuellement accès à l’ensemble des services préventifs de la santé publique. Ainsi, il faudrait investir davantage en prévention pour que plus d’entreprises aient des milieux sécuritaires et qu’ainsi les travailleurs puissent gagner leur vie avec un minimum de risque pour leur santé. Ce choix est non seulement viable, mais rentable : chaque dollar investi en santé et sécurité au travail permet d’économiser 6 dollars en congés de maladie, en accidents de travail et en décès.4

Bref, sachant que de meilleures conditions de travail permettent une meilleure santé des Québécois et que la prévention en santé et sécurité au travail est rentable, il est important de préserver nos équipes de santé publique existantes et de les soutenir. Pour nous, en santé publique, la santé de tous les travailleurs, c’est une vraie priorité.

Signez la pétition contre les coupures en santé publique !

Références :
[1] Labrèche, F. et coll. (2012) Substances cancérogènes : Portrait de l’exposition des travailleurs québécois, Montréal (Québec) : IRSST, Études et recherche, R-732, 73 pages. Repéré en ligne sur le site de l’IRSST : http://www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-732.pdf (consulté le 20 janvier 2015)
[2] Labrèche, F. et coll. (2013) Y a-t-il des cancérogènes dans votre milieu de travail? Passez à l’action! Montréal (Québec) : IRSST. RG-790, 14 pages. Repéré en ligne sur le site de l’IRSST : http://www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/RG-790.pdf (consulté le 20 janvier 2015)
[3] Direction de la comptabilité et de la gestion de l’information, (2014) Pour une maternité sans danger, statistiques 2009-2012, CSST, Québec (Québec), 50 pages. Repéré en ligne sur le site de la CSST : http://www.csst.qc.ca/publications/300/Pages/dc_300_254.aspx (consulté le 20 janvier 2015)
[4] Association canadienne de santé publique, (2013) La santé publique, c’est un excellent rendement de l’investissement. Production : Bureau de santé de l’Est de l’Ontario, Repéré en ligne sur le site de l’Association canadienne de santé publique : http://www.cpha.ca/fr/ccph21.aspx (consulté le 28 décembre 2014)

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